Créateur de formes


Aller au contenu

Menu principal:


Atelier cuissons primitives


Vie d'un atelier "cuissons primitives"

Il est 9 heures, le camp s'éveille...

Comme chaque matin l'artiste est le premier dehors... il hume longuement l'air qui fleure bon les senteurs de Provence... La journée sera belle et chaude... Il faut donc trouver un coin d'ombre si possible ventilé pour installer l'atelier... Le vieux chêne au coin de la propriété fera l'affaire... Il y installe la table, quelques chaises, y transporte la terre et les outils nécessaires pour transformer cet anonyme cube de terre rouge et grasse en quelques pièces d'art... un à un les élèves s'approchent, le saluent et récupèrent leur dotation d'argile ainsi que la spatule nécessaire pour en faire sortir une oeuvre quelques heures plus tard...Tout en se penchant sur sa création en cours, il distribue les conseils et indiquent les diverses étapes à respecter. D'abord malaxer longuement la terre de manière qu'elle devienne souple en prenant garde à ne laisser apparaître aucun sillon et à réaliser une boule parfaitement homogène sans repli...

Ce travail est long et fastidieux, mais de sa qualité dépend aussi la qualité de l'oeuvre finale...
Seconde étape, aplatir la boule ainsi formée en la transformant en un "bol" aux parois assez fines, puis à l'aide de la spatule en frappant la terre il faut fermer le "bol" en assurant une fermeture le plus homogène possible...
Jusqu'alors tout ceci n'est que routine et un passage obligé avant que n'intervienne l'esprit de création... Bien plus expérimenté que les élèves, il a pris une sérieuse avance et déjà son esprit vagabonde sur la terre... Il la modèle, la sculpte, transforme cette forme ovoïde creuse au gré de son inspiration jusqu'à lui donner forme harmonieuse et vie ...

Sculpture avant cuisson

Bien que totalement occupé à faire surgir de ses mains un objet d'art inédit, son regard passe parfois au dessus de ses lunettes et il jauge alors la progression des élèves ce qui lui permet de donner de-ci de-là les conseils dont chacun a besoin....
La boule creuse de forme plus ou moins ovoïde terminée, alors peut commencer le travail de création... C'est le moment où chacun cherche l'inspiration qui transformera cette boule en un objet ayant un aspect image et une forme représentative... C'est aussi le moment où l'on peut juger du caractère de l'élève : il y a celui qui est trop pressé, qui semble vouloir avoir fini avant d'avoir commencé ; il lui faudra très vite revenir en arrière et recommencer tout le préambule...

Il y a celui qui n'étant ni poète ni artiste dans l'âme cherche à donner à sa boule l'allure d'un objet de la vie courante dont il sera certes fier mais qui n'aura rien d'artistique... Il y a enfin celui qui à l'instar de l'artiste creuse des sillons ici ou là, plus ou moins profonds et peaufine sans cesse son oeuvre pour qu'apparaisse progressivement par exemple une tête de femme à la chevelure abondante et aux traits des plus fins... Il convient alors de polir et repolir la pièce pour éviter les aspérités qui amplifieraient à la cuisson.... Ne pas oublier non plus de pratiquer une ouverture dans la boule, ce qui assurera un séchage intérieur indispensable pour éviter que la pièce n'explose dans le four....


Chaque jour les pièces terminées sont disposées dans un lieu frais et ventilé mais bien à l'abri du soleil pour un séchage lent et complet avant de passer au four...

Vient alors le moment tant attendu de la cuisson….
Les élèves, autour de l’artiste assistent à la préparation du four qui est simple mais nécessite le respect de certaines règles, sa mise en feu permet de lancer la cuisson…
Dés lors le four est fermé, pendant de longues heures de veille il s’assure qu’elle se poursuit et se propage lentement… Les fumerolles qui s’en échappent confirment que tout se passe bien…
Il a passé la nuit à proximité du four tel le gardien du feu, au réveil les élèves découvrent le "miracle": il n’y a plus de sciure dans le faitout (four) – ou si peu- et les pièces ont changé de couleur… Elles se sont parées de noir…
Une fois refroidies, les élèves émerveillés les lustrent délicatement avec un chiffon imbibé d’un peu d’huile d’olive afin d’éliminer les ultimes traces de sciure et de mettre au jour ce bel aspect moiré, récompense des nombreuses heures passées à les façonner….

Popèye 2007




Retourner au contenu | Retourner au menu